Une femme en tenue sombre et châle blanc, debout dans l’eau au bord de la mer au crépuscule

Layla Lamjarred · 2026 · Tarab

A Lebhar

آ لبحر

Aussi écrit : a lebhar · a lbhar 3ayetlo · ya lbhar 3ayetlou · آ لبحر عيطلو · A Lebhar 3ayetlou

Les paroles, ligne par ligne

آ لبحر... يا الواسع... آه... يا هوى...

A lbe7r... ya lwase3... ah... ya hwa...

Ô mer… toi l’immense… ah… ô amour…

Oh sea… you, so vast… ah… oh love…

آ لبحر يا الزّرق... انتَ اللي دّيتيه

A lbe7r ya zzre9... nta lli dditih

Ô mer, toi la bleue… c’est toi qui l’as emporté

Oh blue sea… you are the one who took him

عبّيتيه فالموجة... وما ردّيتيه

3abbitih f lmouja... w ma redditih

Tu l’as pris dans la vague… et tu ne l’as pas rendu

You carried him off in the wave… and did not bring him back

كلّ عشيّة نجي حافية... نسوّل فيه

Koll 3chiya nji 7afya... nsewwel fih

Chaque fin de journée je viens pieds nus… demander de ses nouvelles

Every evening I come barefoot… asking about him

والموجة توصل لرجليّا... وترجع ليه

W lmouja toussel l rejliya... w terja3 lih

Et la vague arrive à mes pieds… et repart vers lui

And the wave reaches my feet… and goes back to him

گالو: البحر ما عندو أمان

Galou: lbe7r ma 3ndou aman

On dit : on ne peut pas se fier à la mer

They say: the sea can’t be trusted

وأنا مازال كنأمّن فيك... يا الغدّار الحنّان

W ana mazal kan’ammen fik... ya lghaddar l7ennan

Et moi je crois encore en toi… toi le traître au cœur tendre

And still I trust you… you tender traitor

آ لبحر عيّطلو... گولّو راني تسنّيت

A lbe7r 3ayyetlou... goullou rani tsennit

Ô mer, appelle-le… dis-lui que j’ai attendu

Oh sea, call out to him… tell him I have waited

گولّو الدّار باردة... من نهار اللي مشيتي

Goullou ddar barda... men nhar lli mchiti

Dis-lui que la maison est froide… depuis le jour où tu es parti

Tell him the house is cold… since the day you left

وإلى سوّلك: «واش نسيتو؟»... گولّو: عمري ما نسيت

W ila sewwlek: «wach nsitou?»... goullou: 3omri ma nsit

Et s’il te demande : « Est-ce que je l’ai oublié ? »… dis-lui : je n’ai jamais oublié

And if he asks you, “Have I forgotten him?”… tell him: I never forgot

دّي لو سلامي... وگولّو كيف بقيت... آاااه

Ddi lou slami... w goullou kif b9it... aaah

Porte-lui mon salut… et dis-lui comment je suis restée… aaah

Take him my greetings… and tell him how I have remained… aaah

آ لبحر يا الزّرق... انتَ اللي دّيتيه

A lbe7r ya zzre9... nta lli dditih

Ô mer, toi la bleue… c’est toi qui l’as emporté

Oh blue sea… you are the one who took him

عبّيتيه فالموجة... وما ردّيتيه

3abbitih f lmouja... w ma redditih

Tu l’as pris dans la vague… et tu ne l’as pas rendu

You carried him off in the wave… and did not bring him back

كلّ عشيّة نجي حافية... نسوّل فيه

Koll 3chiya nji 7afya... nsewwel fih

Chaque fin de journée je viens pieds nus… demander de ses nouvelles

Every evening I come barefoot… asking about him

والموجة توصل لرجليّا... وترجع ليه

W lmouja toussel l rejliya... w terja3 lih

Et la vague arrive à mes pieds… et repart vers lui

And the wave reaches my feet… and goes back to him

آ لبحر عيّطلو... گولّو راني تسنّيت

A lbe7r 3ayyetlou... goullou rani tsennit

Ô mer, appelle-le… dis-lui que j’ai attendu

Oh sea, call out to him… tell him I have waited

گولّو الدّار باردة... من نهار اللي مشيتي

Goullou ddar barda... men nhar lli mchiti

Dis-lui que la maison est froide… depuis le jour où tu es parti

Tell him the house is cold… since the day you left

وإلى سوّلك: «واش نسيتو؟»... گولّو: عمري ما نسيت

W ila sewwlek: «wach nsitou?»... goullou: 3omri ma nsit

Et s’il te demande : « Est-ce que je l’ai oublié ? »… dis-lui : je n’ai jamais oublié

And if he asks you, “Have I forgotten him?”… tell him: I never forgot

دّي لو سلامي... وگولّو كيف بقيت... آاااه

Ddi lou slami... w goullou kif b9it... aaah

Porte-lui mon salut… et dis-lui comment je suis restée… aaah

Take him my greetings… and tell him how I have remained… aaah

البحّارة گالو ليّا: «البحر كبير... آ بنتي»

Lbe77ara galou liya: «lbe7r kbir... a benti»

Les marins m’ont dit : « La mer est grande… ma fille »

The sailors told me: “The sea is big… my girl”

وأنا گلت ليهم: «والحبّ كبر منّو»... وبقيت

W ana gelt lihom: «w l7obb kber mennou»... w b9it

Et je leur ai répondu : « Et l’amour est plus grand qu’elle »… et je suis restée

And I told them: “And love is bigger than it”… and I stayed

آ لبحر عيّطلو... گولّو راني تسنّيت

A lbe7r 3ayyetlou... goullou rani tsennit

Ô mer, appelle-le… dis-lui que j’ai attendu

Oh sea, call out to him… tell him I have waited

گولّو الدّار باردة... من نهار اللي مشيتي

Goullou ddar barda... men nhar lli mchiti

Dis-lui que la maison est froide… depuis le jour où tu es parti

Tell him the house is cold… since the day you left

وإلى سوّلك: «واش نسيتو؟»... گولّو: عمري ما نسيت

W ila sewwlek: «wach nsitou?»... goullou: 3omri ma nsit

Et s’il te demande : « Est-ce que je l’ai oublié ? »… dis-lui : je n’ai jamais oublié

And if he asks you, “Have I forgotten him?”… tell him: I never forgot

دّي لو سلامي... وگولّو كيف بقيت... آااااااه

Ddi lou slami... w goullou kif b9it... aaaaaaah

Porte-lui mon salut… et dis-lui comment je suis restée… aaaaaaah

Take him my greetings… and tell him how I have remained… aaaaaaah

آ لبحر... آه... يا هوى...

A lbe7r... ah... ya hwa...

Ô mer… ah… ô amour…

Oh sea… ah… oh love…

Ce que raconte la chanson

« A Lebhar » (« Ô mer ») est une chanson adressée à la mer. C’est une femme qui parle : le texte la dit « 7afya », au féminin, et les marins l’appellent « a benti » (« ma fille »). Elle parle d’un absent, dont le texte parle au masculin (« fih », « lih »), et le texte dit que c’est la mer qui l’a emporté. Il ne dit ni qui il est pour elle, ni comment la mer l’a emporté. Nous la lisons comme une chanson d’amour, parce que l’amour est nommé dans le pont, mais la relation n’est pas nommée.

Dans la chanson, la mer a deux visages. Notre lecture : c’est elle qui a pris, et c’est aussi sur elle que la femme compte pour faire passer le message. Les gens la mettent en garde contre la mer, et elle continue de lui faire confiance, en lui donnant deux qualificatifs opposés : « lghaddar » et « l7nan », que nous avons traduits par « traître » et « au cœur tendre ». Nous lisons « aman » et « kan’amen » comme un jeu de mots, parce que les deux mots ont les mêmes lettres « أ م ن ». Et nous lisons le « toi » de cette ligne comme la mer, parce qu’il vient juste après la phrase sur la mer ; mais il pourrait s’adresser à l’absent, et ce point n’est pas encore confirmé.

Dans le refrain, elle charge la mer de parler à sa place : elle lui demande de l’appeler et de lui porter son salut et de ses nouvelles. Au milieu du message, il y a un glissement : elle parle de lui à la troisième personne, puis dit « mchiti » (« tu es parti »), comme si elle s’adressait directement à lui. La traduction a gardé ce glissement tel quel, et nous n’avons pas encore confirmé qu’il est voulu. Une autre question du refrain reste ouverte : dans « wach nsitou ? », on ne sait pas clairement qui interroge qui. Notre traduction l’a lu comme une question qu’il pose à la mer : l’a-t-elle oublié ? Sa réponse, elle, est claire : elle n’a jamais oublié.

Le refrain contient aussi l’image de « la maison froide ». Notre lecture : ce froid n’est pas celui du temps qu’il fait, c’est le vide laissé par l’absence.

Dans le pont entrent les marins, qui parlent de la grandeur de la mer ; elle compare l’amour à la mer et dit que l’amour est plus grand. Notre lecture : les paroles des marins peuvent se comprendre comme un conseil de perdre espoir, et sa réponse est un refus. Le texte ne dit pas ce que les marins voulaient dire.

« B9it » revient dans le refrain et à la fin du pont. Dans le pont, nous l’avons traduit par « je suis restée », et nous le lisons comme une décision : elle est restée à attendre, et le texte ne dit pas jusqu’à quand.

Vocabulaire : « 3chiya » (traduit par « fin de journée »), « 7afya » (traduit par « pieds nus »), « tsennit » (traduit par « j’ai attendu »), « 3ayyet » (traduit par « appeler ») et « zreq » (traduit par « la bleue »).

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